Infections urinaires du chat

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Les problèmes urinaires sont fréquents chez les chats, mais les infections urinaires simples ne représentent que 2 % des cas. L'infection urinaire désigne la colonisation du tractus urinaire par des micro-organismes (bactéries, champignons). Voyons cela plus en détail dans cet article.

Infections urinaires : l'appareil urinaire du chat

Le tractus urinaire est composé des reins ; des uretères ; de la vessie ; de la prostate (chez le mâle) et de l'urètre.

Les reins filtrent les déchets métaboliques et les éliminent par l'urine qui est envoyée via les uretères à la vessie. Quand ce réservoir atteint un certain volume, le cerveau en est averti et lance un signal : l'envie ou le besoin d'uriner.

L'anatomie et la physiologie de l'appareil urinaire du chat constitue une défense contre les agents pathogènes, c'est pourquoi les infections simples sont peu fréquentes.

Caractéristiques à retenir :

  • Seule l'entrée de l'urètre est vulnérable ;
  • Stérile, la paroi du tractus urinaire forme des microplis qui piègent les germes.
  • L'urine du chat est super-concentrée et contient beaucoup d'urée et d'acides qui inhibent la prolifération des bactéries. Elle entraîne avec elle les germes qui pourraient entrer par l'orifice.

À noter : Elle contient aussi des protéines (Tamm-Horsfall) qui empêchent certaines bactéries de se fixer sur la paroi urinaire et celle de la vessie.

Les causes des infections urinaires félines

Les infections urinaires félines sont rares. L'infection urinaire chez le chat ne se développe que s'il y une prolifération de micro-organismes qui a pu s'installer suite à une lésion de l'appareil urinaire ; une perturbation de la miction (volontaire ou non) ; un déficit immunitaire ou une modification de la composition de l'urine.

La stase (= lenteur ou arrêt de la circulation sanguine ou de l'écoulement d'un liquide) de l'urine est propice au développement bactérien. Elle est causée par une mauvaise vidange de la vessie ralentie par :

  • un obstacle physique comme les calculs vésicaux ;
  • la rétention volontaire du chat :
    • soit parce que la miction (= acte volontaire d'expulsion de l'urine via l’urètre) est douloureuse à cause d'une inflammation ;
    • soit parce que le chat est stressé dans son environnement et se sent en position vulnérable lorsqu'il fait ses besoins.

Si le chat est immunodépressif, les mécanismes de défense de la paroi du tractus urinaire ne sont plus efficaces et en mesure de secréter normalement des agents protecteurs empêchant l'adhésion des bactéries.

Facteurs de risque d'infection urinaire chez le chat

Parmi les facteurs environnementaux, on compte :

  • une vie sédentaire ;
  • un statut hormonal (stérilisation) ;
  • un stress qui engendre une rétention volontaire de l'urine ;
  • une mauvaise hygiène (manque de nettoyage des litières, des bols d'eau et alimentaire) ;
  • un comportement hydrique peu important couplé à une alimentation sèche ;

En ce qui concerne les facteurs métaboliques, anatomiques et/ou pathogènes :

  • obésité avec diabète sucré ;
  • calculs ;
  • cystite ;
  • traumatisme ou malformation congénitale ;
  • tumeurs ;
  • infections virales : la virus de la leucose féline (FeVL), le sida du chat (FiV) ;
  • prise de traitement médicamenteux ;
  • âge : plus de 50 % des chats de plus de 10 ans présente une infection du tractus urinaire.

Les risques chez les chattes

L’urètre de la femelle est plus large, plus court et plus distensible que celui des mâles, et donc plus perméable à l'entrée et prolifération des bactéries. Son ouverture est aussi plus proche de l'anus avec comme conséquence qu'il est donc plus facilement colonisé par des agents pathogènes de la flore intestinale, dont le E.Coli. Ce dernier peut aussi être responsable d'un pyomètre (au même titre que les staphylocoques et streptocoques ou changements hormonaux) : une infection de l'utérus après un cycle de chaleur chez une chatte non stérilisée.

Remarque : L'infection urinaire peut survenir comme complication du pyomètre.

Les mycoses vaginales entraînent aussi une infection urinaire ou une cystite.

Les risques chez les mâles

À la sortie de la vessie, l'urètre pelvien du mâle passe dans la prostate et se termine dans le pénis où se trouve l'os pénien. Son diamètre est alors très petit, ce qui complique la miction en présence de sable ou calculs.

Bon à savoir : L'obstruction de l'urètre par des urolithiases (= maladie caractérisée par la formation de calculs rénaux) ne concerne que les mâles.

L'urètre ne sert pas uniquement à l'élimination de l'urine mais aussi à l'éjaculation du sperme. De plus, il est flanqué de glandes bulbo-urétales dont les sécrétions lubrifient l'urètre et neutralisent l'acidité d'éventuels résidus d'urine compromettant la mobilité des spermatozoïdes.

À noter : C'est souvent à ce niveau que se forment les bouchons urétraux composés principalement de muco-protéines, de spermatozoïdes et de bactéries et dans une moindre proportion de cristaux. Ces bouchons responsables d'infections ne se développent que chez les mâles.

Symptômes d'infection urinaire chez le chat

Les symptômes rencontrés par un chat atteint d'infection urinaire sont multiples :

  • Perturbation de la miction (= dysurie) :
    • diminution du volume des urines (parfois il n'y a plus de jet mais seulement quelques gouttes émises) ;
    • diminution ou augmentation de la fréquence de mictions (pollakiurie) ;
    • douleurs mises en évidence par la position archée du dos du chat et le manque de propreté (mixtion en dehors de la litière) ;

On parle de strangurie lorsque la miction se fait lente et douloureuse.

  • Hématurie : présence de sang dans les urines ;
  • Léchage obsessionnel de la zone génitale ;
  • Miaulements plaintifs ;
  • Dans les cas graves : faiblesse, léthargie, refus de boire et de s'alimenter avec vomissements et déshydratation ;
  • Absence de miction (anurie) : il s'agit d'une urgence vétérinaire qui doit être traitée immédiatement.

Les complications d'une infection urinaire aiguë chez le chat

L'insuffisance rénale, les néphrites sont de graves complications de l'infection urinaire si elle est traitée tardivement.

Pour en identifier les causes, le vétérinaire pourra procéder aux examens suivants :

  • Un sondage urinaire pour prélever un échantillon d'urine et rechercher la présence de germes, de cristaux, sang ;
  • Une analyse microbienne pour identifier les bactéries ou levure ;
  • Une radiographie ou échographie pour mettre en évidence les calculs, sable, tumeurs ou autres anomalies ;
  • Une analyse de sang pour déterminer une cause métabolique primaire ou associée.

Les soins prodigués au chat souffrant sont les suivants :

  • Désobstruction, purge et lavement du tractus urinaire ;
  • Prescription d'antalgiques et d'anti-inflammatoires pour gérer la douleur ;
  • Perfusion du chat pour diluer les urines ;
  • Prescription d'antibiotiques spécifiques aux traitements des germes identifiés ;
  • Extraction chirurgicale des bouchons et calculs si nécessaire, des tumeurs ou réparation de traumatisme.

Important : Attention aux symptômes identiques mais qui n'ont pas les mêmes causes. N'utilisez jamais les médicaments excédentaires d'un traitement précédent.

Si votre chat utilise une litière, collectez les excréments tous les jours car ils contaminent le substrat. Utilisez de préférence une litière agglomérante pour pouvoir retirer les urines. Changez le substrat une fois par semaine et lavez le bac.

Bon à savoir : Si votre chat est sujet aux problèmes urinaires, choisissez de préférence un substrat de couleur blanche et non parfumé afin de détecter les changements de couleurs et d'odeur.

Assurez-vous que votre chat boit assez, surtout s'il a une alimentation sèche. S'il n'aime pas boire de l'eau, pensez à la soupe, au lait pour chat, au jus de viande ou passez à une alimentation mixte, voire exclusivement humide.

Ces pros peuvent vous aider