Piroplasmose chez le chat

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La piroplasmose, ou babésiose, est une maladie vectorielle. L'agent infectieux responsable, le Babesia canis, est transmis à l'animal par un vecteur, une tique. Très courante chez le chien, la babésiose n'a jamais été décrite chez le chat en France, mais d’autres parasites transmis par les tiques peuvent infester nos félins domestiques et provoquer des symptômes similaires à la piroplasmose canine.

Piroplasmose et anémies hémolytiques chez le chien et le chat

Les babésias provoquent l’éclatement des globules rouges qu’ils parasitent. Cela a pour conséquence le cortège de symptômes classiques de la piroplasmose observés chez le chien :

  • destruction des globules rouges (anémie hémolytique) ;
  • libération de l’hémoglobine (pigment des globules rouges) métabolisée ensuite en bilirubine (coloration jaune des muqueuses) ;
  • abattement et fièvre.

Même si Babesia canis ne parasite pas le chat, d’autres agents infectieux peuvent provoquer des symptômes parfaitement similaires :

  • Mycoplasma haemofelis, responsable de l'hémobartonellose ;
  • Cytauxzoon felis, un protozoaire sanguin autrefois retrouvé uniquement sur le continent américain, mais désormais décrit en France.

Dans tous les cas, ces agents infectieux sont transmis au chat par la morsure d’un vecteur (puce dans l’hémobartonellose, tique pour Cytauxzoon felis).

Symptômes de la piroplasmose chez le chat

Ces différentes maladies touchent les chats qui ont accès à l’extérieur et qui sont donc potentiellement en contact avec des tiques. Les symptômes fréquemment observés sont :

  • un abattement marqué ;
  • une hyperthermie majeure (souvent > 40 °C) ;
  • des muqueuses pâles, voire jaunes ;
  • des vomissements ;
  • une perte d’appétit, voire une anorexie totale ;
  • des troubles nerveux.

Attention : Mycoplasma haemofelis et Cytauxzoon felis sont des maladies potentiellement mortelles chez le chat.

Diagnostic de piroplasmose du chat

Le diagnostic de la piroplasmose du chat passe par la mise en œuvre d’examens sanguins pour mettre en évidence l’agent infectieux et ses conséquences. Le vétérinaire va donc réaliser un frottis sanguin. Il s'agit de l'étalement d’une goutte de sang sur une lame en verre observée au microscope à la recherche du parasite. Il fera ensuite une numération formule sanguine. L’analyse PCR ( « polymerase chain reaction » ou réaction d’amplification par chaîne) permettra de confirmer le diagnostic par frottis sanguin.

Traitement et prévention de la piroplasmose chez le chat

Comment traiter la piroplasmose du chat ?

Le traitement de l’hémobartonellose passe par l’utilisation d’antibiotiques (la doxycycline) pendant 2 à 3 semaines. Le vétérinaire pourra éventuellement ajouter des corticoïdes. Si le chat est très affaibli, une hospitalisation sous perfusion avec une réalimentation par sonde peut être nécessaire.

On ne dispose pas en revanche de traitement contre l’infection par Cytauxzoon felis.

Comment prévenir la piroplasmose du chat ?

Il est essentiel de protéger efficacement votre chat contre les tiques. Il existe des traitements en pipettes, à mettre directement sur la peau de l’animal, efficaces pendant 15 jours à 3 mois selon les produits utilisés.

Important : vous ne devez jamais utiliser pour votre chat de traitements antipuces ou antitiques pour chiens. Beaucoup contiennent de la perméthrine, inoffensive pour le chien mais qui provoque de très graves intoxications chez le chat.

Que faire si vous voyez une tique sur votre animal ?

Ne l’arrachez surtout pas à main nue ! Utilisez un crochet à tique pour la « dévisser ». Ce type d'accessoire est en vente en pharmacie ou en clinique vétérinaire. Rappelez-vous que les tiques sont capables de transmettre des maladies graves aux humains également. Consultez donc votre médecin si une tique vous a mordu.

À noter : il est possible de retrouver une tique accrochée sur un animal traité, mais elle mourra avant d’avoir pu transmettre des maladies.

Ces pros peuvent vous aider