Chat domestique

Sommaire

Le terme domestication vient du latin « domus » qui veut dire foyer. Les chats domestiques, qu'ils soient des animaux de compagnie ou des chats errants, vivent tous à proximité des activités humaines et de leur foyer. Ce sont les relations que les hommes entretiennent avec les chats qui déterminent leur mode de vie et leurs comportements vis-à-vis d'eux. Comment l'Homme a-t-il changé leur vie ?

Le point dans notre article.

Origine du chat domestique

La domestication, c'est :

  • La sélection du trait de caractère :  « une moindre crainte envers l'homme », qui amène l'animal à être plus malléable à une interaction avec celui-ci.
  • La diminution, voire la disparition du caractère « sauvage » si l'animal est socialisé à l'homme : grâce à un processus par lequel l'homme apprivoise un animal par un comportement amical, protecteur et garant de ses besoins alimentaires et sécuritaires.

Même si aujourd'hui, la thèse retenue est que le chat s'est domestiqué parce qu'il avait un intérêt à le faire lorsque l'homme s'est sédentarisé et est devenu agriculteur, c'est bien par la prise en soin d'un bébé animal et d'apprivoisement que le chat est devenu un compagnon.

Les chats domestiques ont colonisé le monde en suivant les pérégrinations des hommes au cours de l'histoire. Ils ont su s'adapter à presque toutes les niches écologiques du monde (à l'exception de l'Antarctique) et seraient aujourd'hui 600 millions d'individus contre seulement 100 millions de chats sauvages,selon une estimation du « The Ecology Global Network ».

Le rapprochement de l'Homme et du chat a commencé il y a environ 10 000 ans mais au long de l'histoire, leurs relations ont eu des hauts et des bas.

Bon à savoir : le chat a été protégé et vénéré dans l'Antiquité, notamment en Égypte et persécuté par l’Église du moyen-âge. Aujourd'hui, il est confiné dans nos maisons et confisqué voire chassé dans nos campagnes s'il divague librement.

Chat domestique : réglementations qui encadrent leur vie

De nos jours, et ce dans la plupart des pays, le chat domestique est aussi adulé par ses admirateurs que détestés par ses détracteurs, passant du statut d'animal de compagnie à celui de chat errant ou peste nuisible. Des lois encadrent sa détention, son bien-être, sa protection, son élevage, la vente ou cession, l'abandon, et son sort en cas de divagation.

La DG CCRF a mis à disposition des Français une fiche informative concernant tous les règlements relatifs à l'animal de compagnie, actualisée en janvier 2016.

Rappelons que l’abandon d’un animal constitue un délit passible de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende (article 521-1 du Code pénal).

Différences de comportement chez les chats domestiques

Les comportements humains ont aujourd'hui engendré des chats domestiques aux vies bien différentes : des millions de chats sont des animaux de compagnie et beaucoup plus sont des invisibles qui vivent en périphérie des activités humaines comme les chats errants ou les chats harets dans les campagnes.

Chat haret

L'homme a soumis de vastes territoires à son contrôle avec le développement urbain, l'agriculture et la chasse. Il n'y a pas si longtemps, l'homme ne contrôlait pas la reproduction des chats, alors pour éviter la surpopulation dans les villages et les campagnes, il abandonnait dans les bois les chats à leur sort. Les bons chasseurs ont survécu et se sont multipliés : ces chats domestiques dits « chats harets » ont adopté le comportement du chat sauvage, se cachant de l'homme et se nourrissant de proies et de gibier.

Cela a entraîné un conflit d'intérêt avec les activités humaines comme la chasse ou la conservation des espèces. Les chats harets ont ainsi parfois décimé la faune sauvage endémique des îles où ils avaient été amenés, avec les conséquences que l'on connaît aujourd'hui : l'Homme est obligé d'exterminer le chat domestique devenu nuisible.

Bon à savoir : actuellement, l'Australie abat 2 millions de chats pour sauver des espèces qui sont vulnérables au comportement de prédation du chat. La Belgique qui autorisait la chasse des chats harets, la capture et l'euthanasie des chats errants, vient de rendre obligatoire la stérilisation de tous les chats domestiques en 2016.

Chat errant

Les chats domestiques sans maître, abandonnés à leur sort présentent des caractères bien différents selon la qualité des relations entretenues avec l'homme : la bienveillance de certaines personnes suffit parfois à entretenir la sociabilité du chat.

Ces chats domestiques chassent peu et vivent des dons de nourriture ou restes trouvés dans les poubelles. Sans toit, ils se regroupent en colonies autour de lieux de nourrissage souvent insalubres.

Souvent malnutris, porteurs de parasites et zoonoses et autres nuisances, ils font l'objet de campagnes de stérilisation pour limiter leur prolifération. Les plus peureux échappent à la capture et élèvent leurs petits pour devenir des invisibles errants, voire des chats harets. Les chatons nés de chattes plus sociables sont capturés et adoptés et retrouvent ainsi leur statut d'animal de compagnie.

Bon à savoir : bien que les sources soient issues d'estimations faites par des associations de protection des animaux, 80 % de chats entrant dans une fourrière seraient euthanasiés (ce pourcentage apparaît aussi pour le Canada, les USA et la France). Nombre d'entre eux sont des animaux de compagnie qui divaguent mais ne sont pas identifiés. L'identification est obligatoire mais encore faut-il tenir à jour la fiche lors de changement d'adresse.

Adoption d'un chat domestique

Lorsque l'adoption vient d'un profond désir d'attachement de l'homme,le chat domestique assume un rôle de substitut : maternel ou compagnon de vie.

Parce nous y sommes attachés, nous essayons de le comprendre, de répondre à ses besoins et surtout de le protéger.

Prendre soin du chat a généré une anxiété chez le propriétaire, ce qui l'a amené à prendre le contrôle des libertés de son compagnon par peur des accidents (route, enfermement, égarement, chasse). Les allées et venues, les horaires de repas, la reproduction et les activités du chat de compagnie sont encadrées et son bien-être dépend des attentions de son propriétaire.

Adoption des chats domestiques de gouttière ou dit « européens »

Ce sont les chats les plus courants parmi les animaux de compagnie :

  • Souvent ils arrivent dans le foyer par hasard, parce que le chaton était trop mignon ou parce que le chat abandonné était affamé. L'adoption volontaire et éclairée d'un chat domestique naît d'une empathie envers un animal vu comme vulnérable. La prise de soin facilite l'attachement réciproque.
  • Lorsque l'arrivée d'un chat n'a pas été concertée quand il s'agit d'un cadeau à un enfant ou une personne esseulée, l'adoption ne va pas toujours de soi. Le tempérament du chat et le mode de vie de la famille ne sont pas toujours compatibles. C'est sans doute pour cette raison qu'il y a plus de chats européens abandonnés.

Adoption des chats de race

Leur population est encore relativement faible par rapport à celle du chat de gouttière :

  • L'adoption d'un chat de race fait suite à une réflexion et une quête d'information. Elle n'a rien de spontané. L'homme est à la recherche d'un idéal esthétique et comportemental, parfois d'un faire-valoir personnel. Lorsque les attentes sont irréalistes, le chat de race connaîtra plusieurs familles. L'avantage d'un tel choix est que l'animal de race est convoité surtout s'il est gratuit et donc plus facile à placer.
  • Les chats de race, objet de désir, d'idolâtrie et faire valoir, sont souvent gâtés et leurs propriétaires sont plus tolérants avec des comportements problématiques. Ils sont souvent des chats d'intérieur, de ce fait ils sont plus paisibles et moins actifs que les chats de gouttière.

Races de chats domestiques

Selon les associations internationales d'éleveurs qui s'occupent des standards, il existerait entre 41 et 73 races de chats reconnues dans le monde :

  • La sélection de traits physiques identiques sur plusieurs générations pour obtenir une race est l’œuvre de l'homme qui a croisé des chats domestiques aux robes ou morphologies (poils longs, oreilles recroquevillées, queue courte...) différentes jusqu'à obtenir le physique désiré.
  • Plus récemment, il y a eu hybridation de chats domestiques et petits félidés sauvages dans le but d'obtenir des robes qu'on ne voyait pas chez le chat domestiqué, notamment les robes « spotted » du Savanah ou du bengale.
  • Certaines races sont apparues sans intervention de l'homme, par consanguinité facilitée par l'isolement dans une très petite niche écologique comme le chat Angora Turc des Van ou les siamois qui étaient enfermés dans des temples bouddhistes pour réguler la prolifération des rats.

Chat domestique : répertoire comportemental

La domestication du chat n'a pas altéré son répertoire comportemental qui peut devenir source de conflit entre les deux cohabitants :

  • Si le milieu de vie entrave souvent l'expression de certains comportements des chats, ce peut être une source de frustration et mal-être, en particulier chez les chats d'appartements.
  • Si le chat garde le contrôle de ses activités, l'expression de comportements innés tel que le marquage à la maison (urinaire ou griffure sur le mobilier), est source de mal-être chez le propriétaire.
  • L'harmonie se gagne dans l'aménagement horaire et planifications des activités et de la maison.

Le chat a deux natures qui influencent très fortement son comportement : il est à la fois un prédateur et une proie.

État de prédateur

Son état de prédateur est son moteur d'activités et signe de bonne santé : il se réveillera devant une proie, peu importe son statut (compagnie, errant ou haret), qu'il ait été élevé par sa mère ou pas, qu'il vive en extérieur ou en appartement, qu'il soit bien nourri et qu'il ait des jouets à disposition ou pas. Si un chat n'essaye pas d'attraper des choses qui bougent, il y a mal-être dont il faut rechercher les causes car l' exercice est vital pour sa santé physique et psychique.

État de proie

Son état de proie est sa protection dans un monde qui lui est souvent hostile (congénères plus âgés, chiens, prédateurs sauvages, hommes) :

  • Lorsqu'un chat est malade et affaibli, il cherche à cacher ses défaillances, ainsi les symptômes de maladie apparaissent tardivement. Le chat se retire du monde pour disparaître dans les recoins de la maison ou du jardin.
  • Lorsque le chat est blessé mais assez vigoureux, il essayera de se soustraire à la contrainte d'un traitement, ce qui rend parfois les visites chez le vétérinaire périlleuses.
  • Le chat de gouttière et le chat de race réagiront de la même manière. C'est le tempérament du chat qui dicte son comportement de défense ou de repli passif.
  • Les chats errants ou harets qui craignent l'homme, et ont donc retrouvé leur caractère sauvage, sont particulièrement violents lorsqu'ils se sentent menacés et sont plus difficiles à soigner. Souvenez-vous en si vous voulez venir leur venir en aide.

Pour aller plus loin :

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