Chat haret

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Selon la cour de Cassation française (arrêt du 28 février 1989), le haret est un chat qui est retourné à l'état sauvage et vit de gibier. Ce terme désigne uniquement le chat.

Le terme « féral » englobe des espèces d'animaux domestiques retournés à la vie sauvage mais sans notion de prédation sur le gibier : ainsi on peut parler de chèvres, chevaux, pigeons féraux. Le point.

Chat haret : chat sauvage ?

Le chat haret est un chat domestique « Felis catus », ce n'est pas un chat sauvage « Felis silvestris », mais ils partagent certains comportements :

  • Ils vivent dans le même habitat : les forêts.
  • Ils se nourrissent tous les deux de gibier.
  • Ils ne vivent pas en groupe.

Le chat haret, étant un chat domestique, présente une grande variété de robes : tigrées, tachetées, unies, marbrées, ainsi que le blanc, qui est un signe de domestication. Le chat sauvage à l'inverse a une seule robe : tigrée grise, avec des anneaux noirs sur la queue.

Quand ils partagent le même habitat contemporainement, ils peuvent s'accoupler ensemble, ce qui engendre des hybrides difficiles à différentier s'ils ont une fourrure tigrée.

Il est plus probable que les chats rencontrés dans les forêts durant la journée soient des chats harets car le chat sauvage a une activité nocturne et sait mieux se cacher.

Chat haret et chat errant

Tous les deux sont des chats domestiques, donc ont la même apparence. Par contre, parmi les chats errants, les bons chasseurs capables de se nourrir seuls en restant en bonne santé et vivant à proximité de forêts et champs, pourront devenir des chats harets. Voici les principales différences à noter.

Le chat haret :

  • refuse le contact avec l'homme et se cache de sa présence ;
  • n'est pas dépendant de l'homme pour se nourrir car il chasse ;
  • vit seul ou en petit groupe familial non stable car sa survie dépend de la chasse qui est une activité solitaire chez les félins (à l'exception notoire des lions).

Concernant les chats errants :

  • Ils vivent toujours en contact ou à proximité des hommes. Ils sont plutôt urbains.
  • Ils dépendent des activités humaines pour survivre : ils se nourrissent de restes de repas ou de la distribution d'aliments. La chasse ne représente pas leur source principale d'alimentation.
  • Ils forment fréquemment des groupes familiaux ou communautés, concentrés dans des lieux offrant des abris et de la nourriture de façon certaine (partout où il y a des poubelles, comme les gares, hôpitaux, parcs avec zone de nourrissage par des riverains).
  • Ils sont plus faciles à apprivoiser et les moins timides chercheront à se faire adopter.
  • Ils sont souvent sales et malades (infectés par le coryza).

Attention : dans la littérature anglaise, les scientifiques utilisent indifféremment les termes de « feral cat » et « stray cat » pour des populations de chats n'ayant pas les mêmes conditions de vie, comportements et impact sur l'environnement. Il n'y a pas comme en français l'équivalent de haret. D'où le mauvais usage des termes « errant », « féral », « haret », « sauvage » dans les articles de vulgarisation.

Chat haret : est-il nuisible ?

Que dit la législation ?

C'est avant tout le monde de la chasse qui l'a considéré comme nuisible parce que le chat haret se sert sur ses terrains de chasse. De ce fait, jusqu'en 1986, il était classé comme espèce nuisible et chassable.

Ce sont le droit rural et le droit de l'environnement qui fixent les espèces nuisibles qui peuvent être détruites. Depuisl'arrêté du 26 juin 1987 fixant la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée, le chat haret ne peut plus être chassé et en 1988, il a été retiré de la liste des nuisibles.

À noter : le chat haret reste sur la liste des nuisibles et peut être chassé chez nos voisins belges et suisses.

Si la rage sévit dans un département, celui-ci peut prendre des mesures de destruction dans le cadre de lutte contre la maladie. Ces dispositions dépendent des avis du Ministère de l'Agriculture.

Quelles nuisances apportent le chat haret ?

La nuisance principale était l'hyper-prédation dans des niches écologiques où le chat a été introduit et où les proies n'avaient pas développé de stratégies de défense du fait de l'absence de prédateur avant l'introduction du chat.

D'après les études réalisées par des organismes de conservation des espèces endémiques, la faune des îles est particulièrement touchée par l'hyper-prédation qui serait responsable de 14 % de la disparition globale d'espèces locales (oiseaux, mammifères et reptiles confondus).

En s'attaquant à de petits vertébrés frugivores, les chats harets perturbent négativement la flore en diminuant la dispersion des graines, qu'ils éliminent en déféquant.

Bon à savoir : au cours de l'histoire récente, le chat a été introduit dans 5 % des 179 000 îles de petites et moyennes tailles que compte le monde. Des campagnes d'éradication pour protéger la biodiversité ont été menées dans seulement une centaine d'îles. L'Australie, très touchée par ce phénomène a décidé l'extermination de 2 millions de chats harets en 2016.

Le chat haret entre en compétition avec le chat sauvage pour le gibier. Les hybridations avec le chat haret compromettent le patrimoine génétique de l'espèce Felis silvestris. C'est également un chat porteur de virus et qui participe à leur diffusion.

Chats errants : quelles nuisances ?

Les chats errants souillent de leurs déjections les lieux de vie des hommes, ce qui est un problème de salubrité publique mais aussi de santé car ils sont porteurs du parasite Toxoplasma Gondii qui est libéré dans leur déjection.

Ils incommodent le voisinage lors des périodes de chaleurs : leurs vocalisations sont fréquentes, bruyantes et lugubres. Ils prolifèrent rapidement et diffusent parasites et maladies chez les chats de famille.

Le maire est seul responsable de la divagation des chats au titredes articles 213 du Code Rural et L131 2,8 du Code des communes : « Le chat est considéré comme en état de divagation lorsqu'il est trouvé à plus de mille mètres du domicile de son maître et qu'il n'est pas sous la surveillance immédiate de celui-ci. De même, le chat non identifié trouvé à plus de deux cents mètres des habitations ou dont le propriétaire n'est pas connu et qui est saisi sur la voie publique ou sur la propriété d'autrui est considéré comme en état de divagation (article L. 211- 23 du Code rural) ».

Le maire peut faire procéder à des captures, les animaux saisis sont placés en fourrière pour un délais de 8 jours pour laisser le temps aux propriétaires de venir chercher leur compagnon (article L211-22 du Code Rural).

À noter : passé ce délai, le chat est considéré comme abandonné et devient la propriété du gestionnaire de la fourrière qui peut en disposer : le confier à un refuge, une SPA ou l'euthanasier.

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